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11.07.2007

Une histoire de titre

Lorsque Gilles Guillon, le vénéré directeur de la collection Polar en Nord, m’a fait savoir que Ravet-Anceau avait l’intention de publier ce qui ne s’appelait pas encore Mort à Dunkerque, je m’étais conditionné, me préparant à d’éventuelles modifications, des suppressions de passages, des transformations de chapitres. Je m’étais fait à cette idée que de tels arrangements étaient inhérents à l’édition d’un roman. La seule chose que je ne voulais pas changer c’était le titre. Anatomie du policier. Au final, c’est le seul élément qui ait été modifié.
J’étais très attaché à ce titre. Pour diverses raisons. D’abord parce que cela me semblait bien définir l’orientation de l’ouvrage. Une sorte de planche d’anatomie du roman policier. La coupe d’un corps où l’on verrait les nerfs, les muscles, les os et tout ce qu’on n’a pas l’habitude de voir. En outre, la scène initiale où le héros (le policier, dirons-nous) se regarde nu dans la glace, dévoilant son anatomie, trouvait sa justification.
Plusieurs choses me gênaient (me gênent encore, pour être tout à fait honnête) dans le titre Mort à Dunkerque. D’abord, le fait que le nom de la ville soit ainsi mis en avant alors que, paradoxalement, il n’est pas cité une seule fois dans tout le roman. De plus, je craignais qu’il y ait tromperie sur la marchandise. Que les gens allaient se précipiter sur le livre et chercher à retrouver un Dunkerque qu’il ne reconnaîtrait peut-être pas puisque l’idée du roman était ailleurs.
Evidemment, la logique commerciale est tout autre. Et, de ce point de vue là, je ne peux que louer le sens marketing de mon éditeur. Il y a fort à parier qu’un titre comme Anatomie du policier, a fortiori dans une collection qui promotionne le polar dans le Nord, aurait laissé les lecteurs (et pire, les acheteurs) perplexes.
Voilà comment Anatomie du policier est devenu Mort à Dunkerque. Ça a, au moins, le mérite d’être clair. Il y a un mort (deux même) et ça se passe à Dunkerque, donc …

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