23.02.2007

Polarothèque

Récemment, lors d’une rencontre avec une classe de collège, un élève m’a posé LA question. Quel est votre livre préféré ? Celui que j’emporterais sur une île déserte pour reprendre la formule consacrée (en admettant surtout que je débarque – par quelle opération ?- sur une île déserte, qui plus est avec un livre).

La réponse était toute prête. Elle l’est depuis des années. Si je ne devais garder qu’un livre ce serait Voyage au bout de la Nuit de Céline. Le livre. Celui où on trouve tout. Où tout et tous se retrouvent.

Bon, d’accord. Mais ce n’est pas un roman policier. C’est vrai. C’est ce qui m’a amené à me poser la question : Et si je ne devais garder qu’un seul polar ? Choix cornélien dont je n’ai pu me sortir qu’en proposant, dans la série apprenons à nous connaître, cet échantillon, mon viatique pour les amateurs du genre.

medium_Bete_et_la_belle.jpgRestons cocardier pour commencer. Avec La Bête et la Belle de Thierry Jonquet. Polar surprenant jusqu’à son dénouement qui réserve bien des surprises (une au moins, mais de taille). Je l’ai fait lire à mes élèves. Et j’encourage tout le monde à en faire autant. Je ne pouvais décemment pas, après tout ce que j’ai dit sur lui, laisser de côté Léo Malet, medium_Boul_mich.jpgun grand auteur, injustement tombé dans un oubli que j’espère passager. Les quinze romans qui composent Les Nouveaux mystères de Paris sont tous exceptionnels. medium_Pars_vite_et_reviens_tard.3.jpgUne petite préférence quand même pour Mic-mac moche au boul’mich. Qui me rappelle le temps de ma jeunesse folle, où j’étudiais à la Sorbonne. Enfin, l’incontournable Fred Vargas. Je n’aime pas tout mais Pars vite et reviens tard est vraiment un excellent polar. Un excellent livre, tout court. Au même titre que Debout les Morts, d’ailleurs.

medium_Dalhia_noir.2.jpgJ’avoue que mon goût m’entraîne plus facilement Outre-Atlantique. Sans sombrer dans la béate vénérations des auteurs américains, je dois reconnaître mes plus grands chocs littéraires dans le domaine policier viennent de là-bas. Le Dahlia Noir, d’abord, de James Ellroy. Un véritable coup de poing dans la figure. Dont je ne me suis toujours pas remis. Pas plus medium_Aucune_bete_aussi_feroce.jpgque de la lecture d’Aucune bête aussi féroce d’Edward Bunker. Je m'en voudrais d'oublier l'incomparable 1275 âmes medium_1275_ames.jpgde Jim Thompson que j'affectionne autant pour l'oeuvre elle-même que parce qu'elle a permis à Bertrand Tavernier de réaliser peut-être son meilleur film (Coup de Torchon). Plus classique mais bougrement efficace La Nuit du Renard de Mary Higgins Clark, un des rares livres que j’ai lu plusieurs fois. medium_Nuit_du_Renard.jpg

Un vent d’histoire enfin et d’exotisme. Robert Van Gulik et la Chine millénaire qui sert de toile de fond aux enquêtes du juge Ti. Je lis ça comme des BD. Un petit penchant pour Meurtre à Canton, L’Enigme du clou chinois et surtout Le Monastère hanté.

medium_Monastere_hante.jpg

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