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01.06.2007

L'absolue perfection du crime de Tanguy Viel

Inauguration aujourd’hui d’une nouvelle rubrique : Le livre de la semaine. Je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison pour que je parle que de mon livre sur ce blog. Les autres, après tout, devaient aussi passer à la moulinette. Pour garder tout de même un semblant de cohérence, je vais essayer de me limiter aux romans policiers. Mes dernières lectures qui plus est. Enfin, ça c’est les bonnes résolutions de départ. Après, on verra. Quoi qu’il en soit, je me lance dans une carrière parallèle de critique littéraire. Attention les yeux !

 

Cette semaine : L’absolue perfection du crime de Tanguy Viel (éditions de Minuit, 2001)

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J’ai craqué pour le titre, d’abord qui sonne comme un vers de tragédie moderne. J’achète souvent des livres comme ça, parce que la couverture me plaît, que le titre sonne bien. Je ne dis pas que je n’ai pas souvent regretté mes achats. Ce n’est pas le cas du roman de Tanguy Viel. A la frontière du polar, il est vrai. Encore que les limites du genre – c’est ce qui fait d’ailleurs sa force- aient tendance à fluctuer.

Bref. Je parlais de tragédie moderne. Et c’est bien de ce dont il est question dans L’absolue perfection du crime construit comme une pièce en trois actes articulés autour de temps forts : la préparation d’un casse, le casse en lui-même, la vengeance. L’histoire est simplissime. Le braquage d’un casino. Mais c’est dans l’atmosphère créée par l’auteur que réside l’intérêt de ce roman.

On sort troublé de cette lecture où le narrateur semble s’attacher à l’anecdotique plutôt qu’au nécessaire avant qu’on se rende compte que c’est l’anecdotique qui est le nécessaire. Comme souvent, finalement. Tanguy Viel manie, en effet,  avec dextérité et –tour de force- conjointement l’ellipse et la redondance, répétant des mots, des phrases, des expressions et passant sous silence des éléments clefs de l’action. Ainsi, le casse, moment capital de l’intrigue est seulement rapporté dans la scène de la reconstitution. Idem pour le cadre. La ville, qu’on situe difficilement, n’est qu’un décor prétexte. Les personnages eux-mêmes paraissent désincarnés. Presque réduits à leur fonction narrative, mus par leur destin fatal, comme des héros tragiques. On y revient.

Vous l’aurez compris, une lecture que je recommande vivement. C’est mon avis, en tout cas, et je le partage. Au moins avec l’auteur, je pense.

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