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28.08.2007
scène coupée au montage
Comme dans les DVD, voici les bonus tracks avec dans la catégorie scènes coupées au montage, la rencontre avec la mère de Rudy, le garde du corps. Dans la version définitive (chapitre 21), j'ai placé la scène à l'hospice. Je crois que j’ai bien fait de mettre celle-là au panier. Mais puisque j'ai promis de ne rien cacher (surtout dans la rubrique Secrets), voilà ce que ça donnait au départ.
Après Bray-Dunes, une petite départementale coupe la nationale. Le panneau, qui doit dater d’après la guerre, comme presque tout ici, indique Zuydcoote 1,5 km. Zuydcoote ? Un week-end, tu ne dis pas, mais une petite heure. Sait-on jamais ? Le feu passe au vert. Sans plus réfléchir, tu mets ton clignotant et tu files vers la mer.
Passées les premières maisons isolées, tu te retrouves au milieu d’une petite place qui n’a rien à envier à ses consœurs de la région. Un clocher, un beffroi pour faire bonne mesure. Quelques commerces groupés autour des rares maisons flamandes encore debout. Tu gares ton véhicule devant la poste. A cette heure-là, il y a encore de la place. Il n’y a surtout personne dans les rues. Il y a encore trente ans, il aurait suffi de pousser la porte du bureau, de feuilleter l’annuaire du département et le tour était joué. Mais aujourd’hui, ce n’est plus aussi simple. Ce n’est plus les PTT, c’est La Poste. On ne s’occupe plus seulement de l’acheminement du courrier. On préfère boursicoter avec les bas de laine des petits vieux, les seuls qui continuent à faire confiance à cette institution. Pas de regret, de toute façon, le bureau est fermé. Tu irais bien t’adresser à la mairie mais tu as peur de t’entendre répondre que ce n’est pas ici qu’on pourra te renseigner.
- Je fais quoi, alors ? Je vais quand même pas me mettre à brailler au milieu de la place.
Ce serait une idée, note. Le village n’est pas bien grand. Tout le monde doit se connaître là-dedans. Surtout que les Zoonekin, ils doivent être installés ici depuis au moins neuf générations. Sédentaires dans l’âme, attachés à leur terre.
Non, ce qu’il faudrait ce serait un passant providentiel, un promeneur attardé ou un type qui irait faire crotter son chien. Et qui habiterait là depuis suffisamment longtemps pour pouvoir te renseigner. Mais c’est peut-être beaucoup demander. A cette heure-là, les promeneurs ils ne sont pas légion. Ça se comprend.
Comme il faut bien trouver une issue, en voilà tout de même un. Sur sa bicyclette. Tu l’accostes du bord du trottoir. Ailleurs, le type se serait sûrement carapaté en bougonnant qu’on lui foute la paix. Mais ici on est dans le Nord. Les gens s’arrêtent quand il rencontre un voyageur égaré. Tu poses ta question. La maison de Madame Zoonekin ? Bien sûr qu’il connaît. Ils sont même comme qui dirait voisin. Une veine ! Même si tu te doutes qu’ici tout le monde est un peu le voisin de tout le monde. Ce n’est pas loin, à ce qu’il dit. Il commence à t’expliquer et puis finalement renonce. Ce sera plus facile de te conduire. Tu as beau expliquer que tu es motorisé, il insiste pour que tu montes sur le porte bagage de son vélo et c’est dans ce ridicule équipage que vous traversez le bourg.
Il y a un point sur lequel il n’avait pas menti, ton convoyeur. Ce n’est effectivement pas loin. Il te débarque quelques hectomètres plus loin en face d’une petite maison. Aussi modeste d’apparence que l’est sa propriétaire. Enfin, c’est comme ça que tu te l’imagines, en tout cas. Une poignée de main chaleureuse plus tard, tu sonnes à la porte. Une voix te répond mais pas là où tu l’attendais. Tu te retournes. De l’autre côté de la rue, une fenêtre s’est ouverte laissant apparaître le visage d’une femme au delà des ans.
- Je cherche Madame Zoonekin, tu expliques. J’aurais aimé lui parler.
- Elle n’est pas là. La pauvre. Vous n’êtes pas au courant. Son fils est mort.
Comment tu as pu oublier ça ? Ce n’est pas le genre d’informations qui passent inaperçues. Tu t’attendais à quoi ? Que la brave femme soit là à cultiver ses betteraves, l’air de rien.
- Je sais. Mon nom est Francis Deberghe. Je représente Les assurances du Littoral.
On ne sait jamais. Ça a déjà marché une fois. Avec un peu de chance.
- C’est que je ne sais pas quand elle reviendra, vous savez.
- Pardonnez-moi. Le monsieur qui m’a conduit m’avait dit que vous habitiez là.
- C’est vrai. Mais ma voisine est partie et elle m’a demandé de nourrir ses chats. J’arrive.
En d’autres lieux, tu aurais compté les minutes qui passent en dénombrant les voitures ou les passants. Le temps se serait égrené au rythme de ces allées et venues. Pour le coup, tu dois te contenter de scruter les deux extrémités de la rue, sans jamais rien voir venir. Enfin, la porte de la maison d’en face s’ouvre, juste ce qu’il faut pour que le corps modèle réduit de cette pauvre femme puisse se glisser dehors.
08:40 Publié dans Les secrets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mort à Dunkerque, Christophe Lecoules, Ravet-Anceau, Roman policier, polar, Nord, Secrets
25.08.2007
Emprunt, copie, plagiat ?
Entre inspiration et pastiche, il n’y a souvent qu’un pas que, je l’avoue, j’ai volontiers franchi en écrivant Mort à Dunkerque. Avec d’autant moins de scrupules que, mon idée étant de rendre hommage au roman policier en général, j’avais conçu un moment le projet (je n’ai pas encore totalement abandonné l’idée, pour être franc) de faire un patchwork de scènes incontournables empruntées à droite et à gauche. Mises bout à bout, je suis sûr que ça ferait un bon polar. Un polar, en tout cas. Une petite scène de bagarre prise chez Chester Himes par ci, une découverte de cadavre empruntée à Simenon par là, etc. Un nouveau concept : le polarexquis. Chacun écrit un bout et on colle le tout ensemble. Mais je m’égare. Enfin, pas tout à fait quand même. Ce que je voulais dire c’est que j’ai pillé sans vergogne mes illustres prédécesseurs. Disons, pas pillé mais imité. Qu’on soit bien d’accord, je n’ai pas parlé de plagiat. J’ai juste regardé sur la copie de mes voisins qui travaillent mieux que moi. Comme tout le monde, je pense. On regarde forcément comment font les autres. C’est humain. Que celui qui n’a jamais fait ça me jette la première pierre …
Tout ça pour dire que forcément, on trouvera d’étranges similitudes entre certaines scènes de Mort à Dunkerque et d’autres ouvrages. Comme par exemple la scène de la rencontre entre Marlowe et Derace Kingsley au début de La dame du Lac de Chandler dont je me suis plus qu’inspiré pour écrire le début du chapitre 2. Et comme un exemple valant mieux qu’une longue démonstration, je vous fais juge.
« Le bureau du directeur était, comme c’est le devoir de tout bon bureau de directeur, long, sombre tranquille et climatisé. Les fenêtres étaient fermées, les stores à demi baissés, pour garantir la pièce des rayons de juillet. Des tentures grises s’harmonisaient avec le tapis. Il y avait un grand coffre-fort noir et argent dans un coin ; une rangée de classeurs bas lui faisait face. Au mur était accrochée l’antique photographie coloriée d’un vieux bonze à moustaches, à favoris et col cassé. […] Derace Kingsley s’introduisit vivement derrière huit cent dollars de bureau directorial et appliqua son postérieur sur un grand fauteuil de cuir. Il atteignit une boîte de cuivre et d’acajou, s’empara d’un panatela, en sectionna la pointe et l’alluma à la flamme d’un conséquent briquet en cuivre rouge. Il prenait son temps sans se soucier du mien. Lorsqu’il fut prêt, il se pencha en arrière, souffla un peu de fumée et dit :
- je suis un homme d’affaires et je vais droit au but. D’après votre carte, vous êtes détective privé. Montrez-moi une pièce qui le prouve. »
« Le bureau du grand patron est tel que tu pouvais l’imaginer. Vaste, cossu, un brin prétentieux pour autant que tes facultés nyctalopes te permettent d’en juger, en tout cas. La pièce entière est plongée dans une pénombre de circonstances. Le contraste avec la clarté de l’antichambre est saisissant. Tu écarquilles les yeux comme pour y voir plus clair. […]
- Veuillez me pardonner, commente une voix, mais je ne supporte plus la lumière du jour.
Tu tournes la tête vers l’endroit de la pièce d’où est venue cette explication. Dans un coin, tu distingues une lueur. Celle d’une lampe de bureau qui diffuse son aura en dessinant les contours d’une masse que tu identifies comme ton interlocuteur. Une main en visière, tu essayes d’en voir un peu plus. Mais la seule chose que tu parviens à percevoir c’est un point rougeoyant qui croît en intensité avant de s’exténuer dans une brume fugitive. Un cigare, sans l’ombre d’un doute. Tu ne pouvais t’attendre à moins. C’est quand même le patron. […]
- Le toubib m’a dit que ça s’opérait très bien. Mais c’est un âne. Je ne peux plus sortir sans lunettes de soleil. Même en plein hiver. Les autres prennent ça pour du snobisme ou une excentricité de millionnaire. Notez, je m’en fous. L’avis des autres, je veux dire. […]
Il existe deux types de commanditaires. Ceux qui se lamentent sur leur sort et ceux qui aboient. Pas besoin d’examen plus poussé pour deviner que celui-là est de la seconde espèce.
- …Mais je ne vous ai pas fait venir pour vous parler de mes problèmes oculaires, il conclut. »Voilà, comme ça les choses sont claires. Je préfère l’avouer publiquement avant que d’érudits polarophages viennent m’en faire le reproche. Faute avouée à moitié pardonnée, non ?
18:40 Publié dans Les sources d'inspiration | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Christophe Lecoules, Mort à Dunkerque, Ravet-Anceau, Polars en Nord, roman policier, La dame du Lac, Chandler
22.08.2007
Les personnages masculins
Après les femmes, les hommes. Il n’y pas de raison. Les règles de la séculaire galanterie française ayant été respectée, je peux y aller franco maintenant.
Je ne reviendrai pas dans cette rubrique sur le cas du héros-détective, Francis Rose-Rosette, qui a déjà fait l’objet d’un billet (voir Les icônes in Les sources d’inspiration), préférant me focaliser sur les autres protagonistes mâles qui peuplent le récit. Et il y en a.
A tout seigneur (ou presque), tout honneur. Je consacre l’article du jour à Lebrun-Massenet, l’éditeur de polars (toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé … vous connaissez la suite), premier commanditaire de Rose-Rosette et déclencheur (pas sa mort aussi prématurée que mystérieuse) de l’action.
Ce caractère (au sens anglo-saxon du terme !!!) m’a été inspiré à la fois par le cinéma et la littérature. Pour l’image, j’ai emprunté ses traits à David Huddleston (photo) dans ce qui est un de mes films cultes The Big Lebowski des frères Coen. Exception faite du fauteuil roulant, Lebrun-Massenet c’est lui. Parallèlement, j’ai sans vergogne pillé Raymond Chandler. Il est vrai que la scène inaugurale (la rencontre entre le privé et l’homme d’affaires) de La dame du Lac, dont je me suis plus qu’inspiré pour mon premier chapitre, regorgeait d’éléments qui correspondaient exactement à ce que je cherchais. Je ne me suis pas posé plus de questions. Voilà comment est né Lebrun-Massenet. Une bonne dose de Jeffrey Lebowski, un soupçon de Kingsley (l’homme d’affaires de La dame du Lac, je préfère préciser pour ceux du fond qui discutent) et le tour était joué.
Pour ce qui est du nom, enfin, (faisons les choses bien et jusqu’au bout) je voulais quelque chose de ronflant. Un nom à rallonge, qui fasse bien patron, bien installé dans la vie, un nom composé donc. J’ai choisi d’unir (en tout bien tout honneur) les patronymes d’un de mes anciens collègues et d’une célèbre présentatrice française de Talk-Show.
Voilà, ce n’est pas si dur finalement d’inventer des personnages. C’est ce que je réponds quand les gens me disent : Mais où allez-vous chercher tout ça ?
08:15 Publié dans Les secrets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Christophe Lecoules, Mort à Dunkerque, Ravet-Anceau, Polars en Nord, roman policier, Big Lebowski, David Huudleston
19.08.2007
Topographie et toponymie Promenade dans un Dunkerque plus que secret
Celui qui veut retrouver Dunkerque dans Mort à Dunkerque risque d’être surpris, dérouté voire déçu. Plus grave, s’il lui en venait l’envie, il se perdrait vite en suivant la trace de Rose-Rosette dans les artères d’une ville secouée par le séisme de ma fantaisie. Cela tient en grande partie à une raison simple. Si l’action se déroule bien dans la cité de Jean Bart, il n’était pas dans mon intention de faire de la ville le personnage principal. A telle enseigne d’ailleurs que pas une seule fois le nom de Dunkerque n’est mentionné dans le roman. Le seul endroit où il apparaît c’est dans le titre. Un comble ! Je précise ceci parce que j’ai toujours peur que les gens soient trompés sur la marchandise quand il lise le titre, s’attendant à retrouver la ville qu’il connaisse. Si tel est le cas, ils risquent de la trouver changée.
Ce qui s’est passé, en fait, c’est que, comme tout le monde, j’avais besoin d’un cadre pour mon action et que je me suis dit que le plus simple était de la situer (l’action) dans un lieu que je connaissais. D’autant qu’il s’y trouvait tout ce dont j’avais besoin (un port, une prison, …). Le fait est que –je dois bien l’avouer- j’aurais tout aussi bien pu caser l’action à Brest, au Havre ou à Marseille. (Non pas Marseille !!!).
Attention, je ne suis pas en train de dire que la ville évoquée dans mon roman n’a rien à voir avec la réalité. Seulement, j’ai décrit le Dunkerque que j’avais envie de voir, mon Dunkerque en quelque sorte, vu à travers le prisme de mon esprit vagabond. J’ai tortillé la carte, contorsionné les avenues, remanié quelque peu la géographie urbaine, (ce qui m’a évité le plus souvent d’avoir à me rendre sur place préférant faire voyager mon imagination que déplacer ma fainéante carcasse), inventant parfois des noms de lieux, de rues comme « le Boulevard des Missionnaires » (chapitre 2), où se trouve le siège de l’agence de Rose-Rosette (au n°69, bien sûr !), les déformant le plus souvent, donnant ainsi libre cours à mon goût pour la parodie (ou le jeu de mots lourdingue, comme on voudra). Ce qui, chez moi, revient un peu au même.
C’est ainsi que Le Grand Morien, prestigieux établissement, vénérable institution même de Dunkerque (et très bon restaurant surtout) s’est retrouvé transformé en « Grand Vaurien » (chapitre 10) et le Moving en Bouging pour la circonstance (pour préserver aussi l’exception culturelle française ou ce qui peut l’être encore) au chapitre 22.
Le cas le plus significatif (j’entends de ces jeux de mots tirés par les cheveux) est sans doute l’Amarre-Corde sous les traits duquel il faut reconnaître le Huit et demi. J’avoue ne jamais avoir mis les pieds dans cette honorable maison. Et je me doute qu’elle n’a rien à voir avec la description qui est faite de l’établissement au chapitre 20. Là n’était pas mon but. Il me fallait un nom. D’un titre de film de Fellini (huit et demi) à un autre (Amarcord), il n’y avait qu’un pas que j’ai allégrement franchi comme l’explique lui-même le narrateur d’ailleurs : « L’Amarre-corde, c’est le nom de l’établissement, fait le coin de la rue De Swaen et du Quai des Hollandais[1]. Tu l’as toujours connu là. Sauf qu’avant c’était un bar à hôtesses. C’est comme ça qu’on disait, en tout cas. Pour ne pas dire autre chose. Il faut savoir que les hôtesses en question c’était les descendantes des radasses qui officiaient le long de la jetée depuis des temps immémoriaux et que les ligues de vertu avaient prié de venir se mettre au chaud, pas tant, d’ailleurs, par souci de préserver leur santé que pour éviter de dénaturer le port de plaisance après sa rénovation. Le rade était tenu par un rital cinéphile, fan de Fellini. Ce qui explique le nom. Le successeur a juste modifié l’orthographe. Dans l’espoir évident de ne pas dérouter la clientèle des habitués. Ça a donné ce jeu de mots à la con. Aujourd’hui, ça se voudrait un rendez-vous de marins. En fait de marins, ça draine surtout les poivrots du port - et ce n’est pas ce qui manque par ici- qui n’ont jamais dépassé l’horizon des brise-lames. »
[1] Inutile de chercher un bar ou un restaurant à l’angle de ces deux rues (qui existent bel et bien, au passage). Le seul établissement que vous trouverez à cet endroit est …le commissariat.
08:30 Publié dans Les secrets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Christophe Lecoules, Mort à Dunkerque, Ravet-Anceau, Polars en Nord, roman policier, archives, art
16.08.2007
Un jour à Nieuwpoort
Au salon de Bailleul, en Novembre dernier, lisant la quatrième de couverture du roman(1), un visiteur me fit remarquer, goguenard, que, pour en parler comme ça, je n’étais sûrement jamais allé à Nieuwpoort. Outre le fait que je ne voulais pas froisser un acheteur éventuel, je n’ai pas trouvé grand-chose de spirituel à lui répondre(2), vu qu’il avait raison. Je n’avais jamais mis les pieds à Nieuwpoort.
[2]2 Même si j’aurais pu lui clouer le bec en lui expliquant que j’écris des romans (enfin un) pas des guides touristiques. Alors camembert !
08:35 Publié dans Les secrets | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Christophe Lecoules, Mort à Dunkerque, Ravet-Anceau, Polars en Nord, roman policier, archives, art
13.08.2007
Les personnages féminins : Lucie
Prénom : Lucie
Situation de famille : fille à papa
Nationalité : Française
Date de naissance : avant-guerre (du Golfe)
Signe particulier : Une énorme paire de roploplos. » (Chapitre 12)
Une insolente jeune fille en maillot de bain qui regarde par-dessus ses lunettes, c’est bien évidemment Sue Lyon dans le Lolita de Kubrick.
« - Rien de cassé ?
La bouche d’où est sortie cette phrase est outrageusement couverte de rouge à lèvres. Ce qui contraste avec le visage juvénile au bas duquel elle s’imprime et, dans une plus large mesure, avec le corps de femme-enfant que le bikini jaune et vert censé le couvrir laisse plus que deviner.
- Je crois pas, non ! tu bredouilles. Mais c’est pas passé loin. J’ai juste eu le temps de l’éviter. C’était qui, ce dingue ?
- Mon frère. Faut l’excuser. Il vient d’apprendre une mauvaise nouvelle.
- Vous êtes Lucie, n’est-ce pas ?
Elle incline légèrement la tête pour regarder par dessus les verres teintés de ses lunettes de soleil.
- On se connaît ? elle demande
- Pas encore mais il ne tient qu’à vous. Je m’appelle Francis Rose-Rosette. Je suis détective privé, tu expliques en tendant la main.
[…] Sa poitrine nubile se soulève chaque fois qu’elle prend la parole. Tu te dis que refuser une pareille invitation serait discourtois. Stupide, à défaut. De toute façon, elle n’a pas attendu ta réponse. Sans doute pas le genre de fille qui a l’habitude qu’on lui refuse quelque chose. Elle a tourné les talons, proposant à ta vue le revers de la médaille, qui vaut largement l’endroit, et se dirige vers le perron. » (Chapitre 11)
08:45 Publié dans Les secrets | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Christophe Lecoules, Mort à Dunkerque, Ravet-Anceau, Polars en Nord, roman policier, Lucie, Sue Lyon
10.08.2007
Les personnages féminins : Viviane Levrun-Massenet
« Nom : Lebrun-Massenet, née Massenet tout court
Prénom : Viviane
Situation de famille : Veuve (récidiviste)
Nationalité : Française (demande d’asile fiscal en Belgique)
Date de naissance : indéterminée
Signe particulier : arrogance, morgue, dédain pour tous les minus dans mon genre » (Chapitre 12)Froide, belle, divine, bien sûr. Je pensais à Greta Garbo quand j’écrivais ces quelques lignes pour présenter Viviane Lebrun-Massenet.
« Ton regard se porte presque naturellement sur eux et particulièrement sur l’élégante et frêle quadragénaire qui a pris place à la droite du curé. Faute de mieux. Elégamment emmaillotée dans son costume de deuil, une voilette de tulle noir lui dissimulant en partie le visage, elle s’abîme dignement dans son désespoir. Tu n’as malheureusement pas le loisir de t’apitoyer sur son sort.
- C’est sa femme, t’explique ton voisin.
- J’avais compris.
- Belle plante, hein ? ...
- Difficile de se faire une idée, comme ça, mais je vous fais confiance.
- …Belle plante mais vénéneuse, ajoute le policier, filant la métaphore. Telle que vous la voyez là, c’est son deuxième mari qu’elle met en terre.
- Vous rigolez ?
- J’en ai l’air ? (Chapitre 8) »
« Tu tournes les yeux vers la silhouette qui s’est placée derrière ton transat, dos au soleil. Tu es obligé de plisser les paupières afin de mieux distinguer celle qui te fait face. Elle paraît plus maigre que sur les photos et même que l’autre jour au cimetière. Peut-être cette robe d’été qui l’amincit. Son visage, quant à lui, est dur et la mine qu’elle affiche creuse un peu plus son expression, mélange d’intimidante beauté et de farouche assurance que sa chevelure blonde, ramenée en arrière et ses yeux bleus sans âme lui donnent au naturel. Tu ne peux t’empêcher de penser que la fraîche et appétissante Lucie est promise au même avenir physiologique. » (Chapitre 11)
08:40 Publié dans Les secrets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Christophe Lecoules, Mort à Dunkerque, Ravet-Anceau, Polars en Nord, roman policier, Greta Garbo, Viviane Lebrun-Massenet
07.08.2007
Les personnages féminins : Nancy, la sécrétaire
On pourra reconnaître dans les traits de la sublime Véronica Lake, Nancy, la blonde secrétaire peroxydée. Pas mal, non ?
« - Et elle a un nom, ma secrétaire ?![]()
Elle s’appelle Nancy.
- Nancy comment ?
Nancy tout court.
- Je couche avec, je suppose ?
C’est un peu plus subtil que ça.
- C’est-à-dire ?
Vous entretenez une relation ambiguë. Vous minaudez, vous vous tournez autour, vos propos sont équivoques. Pour le lecteur, il ne fait aucun doute qu’il y a plus qu’une simple relation d’ordre professionnel mais rien dans les faits qui permette de le confirmer.
- D’accord. Je vois le genre. Il y a juste un petit problème. Elle ne me plaît pas du tout. Physiquement, je veux dire. Les petites bombes latinos, ce n’est pas mon truc. Moi, ce que j’aime c’est les grandes blondes plantureuses. Il n’y aurait pas moyen de changer.![]()
Une peroxydée, ça pourrait aller ?
- A la rigueur.
Va pour une fausse blonde.
- Bon, où on en était ? Ah oui… Il a donné son nom ?
- Qui ça ? demande Nancy en tirant sur ses boucles blondes. » (Chapitre 2)
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04.08.2007
Les personnages féminins : Delphine
« Nom : Dentsikas née De Winckel
Prénom : Delphine
Situation de famille : mariée (à Dentsikas Fred)
Nationalité : Française
Date de naissance : indéterminée (à vue de nez, je dirais, 45 ans)
Signe particulier : tendance pathologique à se foutre de ma gueule. » (Chapitre 12)L’entrée en scène de Delphine Dentsikas colle parfaitement à celle de Mary Astor, Miss Wonderly dans Le faucon maltais. Cet extrait et cette photo pour vous convaincre.
« - Il y a une dame qui vous attend.
C’est idiot mais tu as toujours rêvé qu’un jour on te dise ça. Tu te demandes même si tu n’as pas choisi ce boulot dans cet espoir. Pour qu’un jour, une plantureuse blonde aux mensurations de rêves te glisse à l’oreille : Il y a une dame qui vous attend.
Tout de même, il y a des jours où ce job a du bon, tu te dis en te dirigeant vers la porte du bureau que Nancy a jugé bon de refermer sur la mystérieuse visiteuse.
- Qu’on ne me dérange pas, tu lances avant d’actionner la poignée.
- J’avais compris, répond Nancy, le sourire complice.
La femme est assise sur le fauteuil qui fait face au bureau. Elle ne semble pas t’avoir entendu entrer. Tu ignores depuis combien de temps elle attend comme ça, mais à la voir ainsi tu imagines qu’elle pourrait continuer des heures. Sur le seuil, tu hésites légitimement à profaner ce qui ce matin encore n’était qu’un modeste bureau et qui, par la seule présence de cette créature, est devenu un véritable sanctuaire. Le mot n’est pas trop fort. Bien sûr, tu sais que pour les besoins de l’intrigue, il est nécessaire que ce genre de personnages soit d’une beauté confondante. Tu t’étais préparé dans ce sens. Mais elle dépasse tout ce que tu aurais pu imaginer. Son profil altier se découpe artistement en contre-jour sur le mur blanc, domestiqué comme tout le reste par la lumière filtrant à travers les persiennes. Sa blonde chevelure ondoie lascivement sur le haut de ses épaules. Elle est vêtue d’un tailleur de toile gris. Des bas de soie noirs gainent amoureusement ses deux jambes qu’elle tient croisées, soulignant admirablement le galbe de ses mollets ravinés de tout leur long par la rétractation érotique de ses muscles péroniers. Tu t’arraches avec regret à ton idolâtre contemplation. Deux toussotements timides, un discret raclement de gorge destinés à signaler ta présence. Elle tourne la tête vers toi. Lentement. Sans surprise. Sans frayeur non plus. Comme une chose attendue. Préméditée même. De ce côté, ce n’est pas mal non plus. Deux prunelles bleues illuminent son visage. Tu baisses les yeux, honteux devant tant de beauté. » (Chapitre 6)
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01.08.2007
Les personnages féminins
L’auteur de Mort à Dunkerque est-il misogyne ? C’est la question que j’ai été amené à me poser suite à plusieurs remarques de la gent féminine essuyées (les remarques, bien sûr, je ne me permettrais pas) au détour de salons, de conférences ou d’interviews. La première à aborder le sujet était Agnès Delbarre sur l’antenne de France Bleu Nord en Juin dernier.
Les personnages féminins qui peuplent le roman sont caricaturaux, au même titre, que leurs homologues masculins, ni plus ni moins, je l’espère. De Viviane Lebrun-Massenet, la maîtresse femme dirigeant d’une main de fer l’entreprise de feu son mari à la déroutante commanditaire, Delphine Dentsikas en passant par Nancy, la pulpeuse secrétaire zélée ou la troublante et précoce Lucie Lebrun-Massenet, j’ai composé une galerie de portraits stéréotypés qui participent à leur manière au projet global. Bien évidemment, il y a sûrement là-dessous une explication psychanalytique. Mais je me garderais bien de me lancer sur ce terrain. Si ça tente quelqu’un, qu’il ne se gêne pas. Tout ce que je peux dire c’est que physiquement j’avais en tête pour chacune de ces femmes une image bien précise, empruntée pour la plupart aux légendaires figures du cinéma hollywoodien des années 40 et 50. La suite très bientôt. To be continued, comme ils disent Outre-Atlantique. (Mais non, je ne la joue pas suspense insoutenable mais la note paraît un peu longue alors je fractionne !)
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