04.06.2007

Bienvenue à Dunkerque

Enfin dans les bacs !

 

Avec un peu de retard (même si on peut supposer qu’il s’agissait sans doute d’un coup marketing de Gilles Guillon - jamais à cours d’idées dans ce domaine - pour éprouver encore un peu plus l’impatience des lecteurs), Bienvenue à Dunkerque de Maxime Gillio est enfin disponible dans les points de vente habituels. Enrichi de quelques pages et agrémenté d’un nouveau titre (j’aimais pourtant bien Le Blues du Corsaire[1], moi ! Enfin, ce n’est pas moi qui décide), nul doute que le roman  va rencontrer les faveurs du public. C’est tout le mal que je souhaite à cet ouvrage. Et à son auteur.

 



[1] Voir article du 03 Mars dans la rubrique « Le coin des copains »

21.05.2007

René Cyr La foire aux manèges

medium_Foire_aux_manèges.jpgRené Cyr est, pourrait-on dire, un camarade de promotion. Son roman La foire aux manèges est paru en même temps que le mien au mois de Juin, l’année dernière (comme le temps passe). C’est donc à double titre qu’il figure dans cette rubrique.

Si vous aimez les ambiances cauchemardesques (le chapitre initial est un modèle du genre) et les psychopathes (pas tous enfermés), vous ne serez pas déçus.

Voici le pitch, pour vous donner envie: Deux tueurs en série à Lille, cela fait beaucoup. L'un est à la prison de Loos, où il hante les cauchemars d'une jeune psychiatre; l'autre est en liberté et s'attaque aux femmes seules et aux prostituées. Le commissaire Roman, qui a déjà la mort d'un flic ripoux sur les bras, hérite du dossier et ne sait plus où donner de la tête. Entre sa femme qui regrette Paris, le directeur de la PJ qui veut des résultats, un juge d'instruction qui n'aime pas les flics et une jeune femme qui lui tend les bras, Roman cherche un sens à sa vie. Pendant ce temps, un malade sème la mort dans les rues de Lille...

 

Mais vous en apprendrez sûrement plus en allant consulter son blog, tout récemment mis en ligne.

 

 

 

07.04.2007

L'affaire du boucher du Vieux-Lille de Christophe Debien

medium_Boucher.jpgQui est le boucher du Vieux-Lille ? Que signifient ces crimes rituels, des jeunes femmes atrocement mutilées et défigurées, le corps recouvert d'incriptions étranges ? Ange François, le médecin légiste, n'est pas au bout de ses surprises. Satanismes et taxidermie vont de paire dans ce polar insolite dominé par la personnalité fascinante d'une séduisante jeune femme rousse.

 

Un petit joyau bien ciselé. Voilà comment on pourrait définir L’affaire du boucher du Vieux-Lille de Christophe Debien à qui je suis doublement redevable. D’abord parce qu’il m’a fourni l’occasion de lire un très bon roman ensuite parce que c’est lui qui m’a guidé dans mes premiers pas de blogueur. De toute façon, quelqu’un qui porte un prénom pareil ne peut pas être foncièrement mauvais.

Pour en revenir à son ouvrage, si vous aimez l’ésotérisme, les personnages un peu hors normes, les sanguinaires un rien pervers, alors nul doute que vous allez adorer L’affaire du boucher du Vieux-Lille dont voici un petite avant-goût.  

 

« Ange regardait l'acier chromé du bistouri fouiller ses chairs. Il suivait le mouvement de la lame qui séparait avec application l'épiderme de l'inextricable fouillis sanguinolent recouvrant les muscles de son visage. Le métal écartait les lambeaux de graisse agglutinés autour des veines, dégageait les fibres tendineuses. Peu à peu, ses traits s'affaissaient, vidés de leurs reliefs. Ange voulut hurler. Mais quelque chose empêchait ses mâchoires de s'écarter. Quelque chose qui mordait ses lèvres à chaque fois qu'il voulait les entrouvrir.
Cousues ! Elles étaient cousues ! (...) »

 

23.03.2007

Le vagabond de la Baie de Somme de Léo Lapointe

Je ne pouvais décemment pas, dans cette rubrique, oublier de promotionner les auteurs de la collection Polars en Nord, surtout quand ils ont autant de talent que Léo Lapointe. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire La Tour de Lille, son tout dernier opus, paru début Mars, mais son premier ouvrage Le vagabond de la baie de Somme, premier numéro de la série, est un authentique chef d’œuvre. Polar bien ficelé, au cœur d’une Baie de Somme parfaitement restituée. Si vous n’êtes pas encore convaincu, voilà de quoi vous donner un peu plus envie.

medium_Vagabond.2.jpgTout commence par la mort inexpliquée d’un vagabond ; qui arpentait les routes de la baie de Somme. L’Eugène a été tué d’un coup de fusil en pleine tête. Un crime sans témoins, sans mobile, ni coupable. L’enquête est bâclée, le dossier classé. La mort d’un clochard n’intéresse personne, sauf un petit gendarme têtu qui met les pieds dans le plat, sans se rendre compte que sa passion pour les oiseaux va semer la pagaille jusque dans les bureaux des cabinets ministériels parisiens et des banques luxembourgeoises...

 

Et voici comment, cela débute :

 

L’estafette bleue avait quitté la petite route goudronnée, pour s’engager dans un chemin boueux, descendant abruptement vers les grasses prairies, souvent noyées, bordant la Somme. Avant, il y a bien longtemps, la marée remontait jusque là. Et même bien plus haut ; les grands voiliers naviguaient jusqu’à l’ancien port d’Abbeville, aujourd’hui retiré à plus de vingt kilomètres dans les terres. De la mer il ne reste rien, sauf les basses terres inondées tous les hivers, peuplées de joncs et d’iris sauvages. Peul aimait cette région qu’il avait découverte en prenant son poste dans ce département (...)

 

16.03.2007

Franck Thilliez

medium_Chambre_des_morts.jpgJ’ai eu la chance de participer à deux conférences (l’une à la Bibliothèque de Dunkerque, l’autre, plus récemment au Lycée Jean Bart) en compagnie Franck Thilliez. Même s’il n’a plusmedium_Forêt_des_ombres.jpg vraiment besoin de publicité (plus de 50 000 exemplaires de La Chambre des Morts vendus, roman traduit dans quatre langues et adapté prochainement au  cinéma), je m’en voudrais d’oublier dans cette rubrique un tel auteur. Et de tels ouvrages. Pour les amateurs de sensations fortes, deux livres vivement recommandés : La chambre des Morts (qui se passe dans le Nord et même, pour une partie, à Dunkerque) et le dernier en date, La Forêt des Ombres. Entre Misery et Shining, un huis clos terrible et angoissant au cœur de la Forêt Noire. Le tout en plein hiver. Le décor est planté. A vous de vous y plonger.

 

09.03.2007

Wagadou de Jean-Marc Demetz

J’ai rencontré Jean Marc au salon de Bailleul en Novembre. J’en ai profité pour lui demander de me dédicacer son ouvrage. Un vrai régal. La dédicace comme le livre. Mené tambour battant, sur un rythme infernal. A acheter et à lire au plus vite.

De quoi s’agit-il ?

medium_Wagadou.2.jpgBill, lieutenant de police, fait partie d'une bande de copains motards qui rigole, ripaille, picole et bastonne à l'occasion. Au guidon de sa Harley, il sillonne Lille à tout berzingue à la poursuite d'un gang de méchantes crapules lancé aux trousses du Wagadou. Son enquête piégeuse ira de rebondissements en dérapages. L'amitié, une histoire de pognon sale et d'espionnage, le tout agrémenté d'embardées poétiques et culinaires composent ce cocktail ch'ti aussi savoureux qu'une chope de "Mort subite", la bien nommée.

Un polar « noir et truculent » comme se plaît à le dire lui-même Jean-Marc, aux éditions Krakoen, distribué par une excellente maison d’édition, Ravet-Anceau.

03.03.2007

Le Blues du Corsaire de Maxime Gillio

Pour l’instant en auto-édition, le premier polar d’un copain. Un vrai Dunkerquois. A lire de toute urgence.

medium_Blues_du_Corsaire.jpgDunkerque, dans la grisaille. Quels liens peut-il y avoir entre la profanation d’une église et le meurtre d’une CPE de collège? Et pourquoi la victime mélangeait-elle tant vies privée et professionnelle ? Or, le monde de l’éducation, le commissaire Dacié le connaît parfaitement. Et pour cause : il y a laissé toutes ses illusions.

Epaulé par un jeune stagiaire avec lequel le courant a du mal à passer, Dacié va devoir élucider ces deux affaires en évitant les pièges tendus par quelques politiciens et fanatiques de tous bords. Une occasion de plus de se confronter à la misère sociale sous toutes ses formes, y compris les plus sordides !

Le début pour vous appâter :

Dacié se demandait souvent à quoi lui servait son radio réveil. Invariablement, systématiquement, il émergeait quarante-cinq minutes avant l’heure programmée sur le vieil appareil de bakélite noire. Les raisons de ce réveil aussi précoce que régulier étaient sans doute liées au fait que l’inspecteur ne dormait de toutes façons guère plus de cinq heures par nuit : endormissement tardif, sommeil agité, insomnies, hantises, cauchemars... Mais étrangement, dans le cas précis de ce début de journée, c’étaient les vapeurs des raffineries voisines qui avaient achevé de tirer Dacié de la torpeur nauséeuse dans laquelle il se débattait : subtil mélange d’hydrocarbures, de dioxide de carbone, de particules d’acier microscopiques et d’effluves oléagineuses... autant de fragrances réunies en une seule puanteur sulfureuse qui s’insinuait dans les logis dunkerquois, glissant sous les portes, s’infiltrant dans les bouches d’aération, contournant les maigres obstacles de PVC pour pénétrer par la moindre brèche et distiller quotidiennement son empoisonnement, grignotant un peu plus chaque jour les voies aéro-respiratoires des habitants de la cité.

Ecoeuré, il se leva d’une démarche chancelante, et se dirigea directement sous la douche, espérant que le jet chaud et cinglant aiderait à atténuer le mal de crâne qui l’avait gagné la veille au soir et qu’un semblant de nuit trop haché n’avait pu estomper. Il urina copieusement pendant que l’eau cinglante lui fouaillait les épaules. Il acheva de se réveiller en s’essuyant à l’aide d’une serviette rêche qui lui laissa sur la peau autant de traces rouges. Dans la cuisine, l’odeur de pollution était encore plus prégnante. Il se contenta d’un bol de café au lait, debout contre le plan de travail, écoutant d’une oreille distraite les informations du flash de sept heures sur France Inter. Comme d’habitude il éteignit le poste au moment où le présentateur météo attaquait de sa voix nasillarde son laïus sur l’anticyclone des Açores et sur la dépression allant d’une ligne joignant le Cotentin à la Provence. Quant au temps qu’il ferait sur le Nord de la France, on l’oubliait, comme souvent, merci !

Ayant claqué derrière lui la porte de son appartement, Dacié monta dans sa vieille Ford grise, dont le moteur réagit au premier tour de clé. Il remonta la rue de la bibliothèque municipale, passa devant le théâtre aux allures de bunker berlinois, traversa la rue des Soeurs Blanches, rejoignit le boulevard Alexandre III, contourna le majestueux hôtel de ville et se gara dans le parking réservé aux policiers du commissariat central. Lorsqu’il pénétra dans les locaux refaits à neuf de son QG, il remarqua d’emblée les deux pauvres clodos allongés à même le sol de la cellule, ignorant superbement le confort royal des bâts-flancs. Saluant d’un hochement de tête le policier de faction à l’accueil, il ignora le tout nouvel ascenseur et gagna son bureau du premier étage par l’escalier en faux marbre blanc.