07.09.2007

Sensation épidermique

6c307bc27cd8e8fa5e3e8f184203a8f0.jpgEvidemment, consacrer un article à Nicci French, surtout en ce moment, ça fait un peu le gars qui veut surfer sur la vague du succès. Mais bon. Quand c’est bien, il faut le dire. Et puis, on ne sait jamais, le succès, c’est peut-être contagieux.

Adepte de la narration à la première personne, l’auteur bicéphale (le pseudonyme Niccic591c2acaa111b8b080e355a9dbf7864.jpg French désigne en fait un couple qui écrit à quatre mains, forcément c’est plus facile, en tout cas, ça va deux plus vite) nous propose avec Dans la peau un point de vue original qui renouvelle un peu les histoires de sérial killer. Dans un récit à trois voix, nous suivons, en effet, non pas les policiers menant l’enquête (même si ceux-ci sont bien présents), non pas le tueur mais les victimes. Trois femmes en l’occurrence  - Zoé, l’héroïque institutrice d’origine arménienne, Jennifer, la mère de famille et bourgeoise et Nadia l’animatrice de spectacles pour enfants - qui ont pour point commun d’habiter la capitale anglaise et d’être l’objet de la convoitise déjantée d’un tueur.  Un ? Cela reste à voir. Mais je n’en dis pas plus. D’autant que je ne sais plus quoi dire. Ce qui est une bonne raison, tout le monde en conviendra. Une bonne raison surtout pour laisser la parole à l’auteur (enfin aux auteurs, voir plus haut pour ceux qui commencent à lire les articles par la fin).

« Je ne serais jamais devenue célèbre sans la pastèque. Et je ne me serais pas retrouvée en possession de cette pastèque s’il n’avait pas fait si chaud. Alors je ferais mieux de commencer par la chaleur.

    Il faisait chaud. Mais attention aux fausses impressions. N’allez pas rêver de Méditerranée, de plages désertes, et de cocktails d’où débordent des petits parasols colorés. En fait, il n’en était rien. Cette chaleur c’était comme si une grosse crevure de vieux clébard obèse s’était couchée sur Londres début juin pour ne pas en bouger durant trois semaines infernales. »