05.07.2007

Rediffusions estivales

C'est l'été (même si ce n'est pas évident quand on regarde par la fenêtre),  la saison creuse. Tout le monde est parti ou presque. Alors, j'ai décidé de faire comme à la télé: rediffuser les programmes de l'année en cours, en attendant la grille de rentrée. Il n'y pas de raison.

Commençons par le début. La genèse (Rediffusion du 11 Février)

Au commencement était l'Idée. Et l'Idée était ... une idée à la con. Comme la plupart des idées. Les miennes, en tout cas.
Alors voilà. Je suis affalé sur mon canapé à regarder un film policier ou une série. Peu importe. Un type à la mine franchement patibulaire (mais presque, comme dirait l’autre) vient s’encadrer plein écran. Et la réflexion qui me vient c’est « Oh, toi, tu m’as pas l’air net. Tu serais derrière tout ce merdier que ça ne m’étonnerait pas ». Et voilà. Ça commence comme ça.
Je n’ai pas la prétention de croire que je suis le seul à faire des commentaires en regardant les films mais peu à peu l’idée germe que ce serait amusant un roman où une voix extérieure à l’intrigue ferait comme ça des commentaires sur l’action en train de se dérouler. L’idée germe, donc, puis elle croît. Jusqu’à devenir une belle plante. Du moins, une plante assez grande pour que je tente la bouture. La première : une forme expérimentale. Je me dis que, à défaut d’être réussi, le livre sera au moins atypique.
Après quelques tentatives un peu alambiquées où j’imagine une structure complexe (sur le côté gauche de la page l’action, sur le côté droit les réflexions du narrateur), je me résous à opter pour une sorte de gros dialogue entre l’auteur et le personnage. Tutoiement de rigueur, bien sûr. Entre intimes. Et du coup, originalité du roman. Rédigé non pas à la première personne ni à la troisième mais à la seconde. Avec pour cela un bon alibi. Pas un simple exercice de style qui n’a de justification que le parti pris de départ mais une réelle nécessité narrative.
Ce qui m’amusait avant tout c’était de créer le décalage. Prendre du recul par rapport à l’intrigue. Que le protagoniste lui-même ait conscience de sa situation non pas de détective mais de personnage de roman policier. Souligner une certaine distance par rapport à sa condition aussi et ce qu’il était en train de vivre. Pas l’aventure en tant que telle mais l’intrigue policière dans son ensemble. Toute intrigue policière. Au lieu de se laisser manipuler par son créateur, il donne un avis sur la question. Tandis que l’auteur le guide, lui dit ce qu’il faut faire sans tout lui dévoiler.
Au final, un roman avant la fin des travaux, quoi ! Voilà à quoi ça pourrait se résumer. Avec encore les échafaudages, les fils qui traînent par terre, le plâtre aux murs. Que le lecteur marche à travers ce décor qui se met en place à mesure qu’il avance.